La RD Congo accepte le déploiement de la force armée de l’EAC sur son sol sans l’armée rwandaise

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La République démocratique du Congo (Congo – Kinshasa) a déclaré qu’elle n’accueillerait pas les troupes rwandaises dans le cadre du déploiement proposé des forces militaires de la Communauté de l’Afrique de l’Est – EAC.

La décision sur le déploiement de la Force en attente de l’Afrique de l’Est devrait être confirmée dimanche lorsque les chefs militaires de l’EAC se réuniront à Nairobi pour délibérer sur l’appel du président Uhuru Kenyatta à déployer et pacifier les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Mais ce déploiement se heurte à des obstacles alors que la RD Congo et le Rwanda se disputent les allégations selon lesquelles Kigali parraine les rebelles du M23 qui ont intensifié les hostilités contre l’armée et les civils congolais. Le Rwanda nie les accusations.

La RDC n’acceptera pas l’armée rwandaise dans les forces conjointes qui seront déployées dans ses provinces troublées, a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya dans un communiqué de presse.

« Le gouvernement de la RDC se félicite de la proposition faite par le président Kenyatta de déployer une nouvelle force militaire régionale dirigée par la Communauté de l’Afrique de l’Est pour imposer la paix dans les provinces ciblées par le M23 et le Rwanda, mais insiste sur le fait qu’il n’acceptera pas la participation du Rwanda à cette opération conjointe de forcer », a-t-il dit.

Le président Uhuru Kenyatta a appelé mercredi à l’activation urgente d’une force d’intervention pour aider à réprimer la violence dans l’est du Congo.

Cette semaine, la querelle entre le Rwanda et la RD Congo s’est propagée au parlement de Kinshasa, qui a refusé de discuter des récents mémorandums entre les deux parties.

Kinshasa a annoncé mercredi qu’elle rompait tous les accords bilatéraux avec le Rwanda, au milieu des protestations anti-rwandaises des Congolais contre le soutien présumé de Kigali au M23.

Nicaise Kibel Bel, un expert congolais de l’armée et de la sécurité, affirme que les nombreuses parties impliquées peuvent proverbialement gâcher le bouillon, d’autant plus que tout le monde n’est pas intéressé par la paix dans l’est de la RD Congo.

Le déploiement est « une bonne initiative, d’autant plus que tous les pays voisins aspirent à la paix et au commerce », a-t-il dit, ajoutant qu’il y a « des craintes que des intérêts divergents de différentes forces puissent se produire et affaiblir cette bonne initiative ».

Dans les trois provinces les plus troublées de l’est de la RDC, plus de 100 groupes armés locaux et étrangers aux intérêts divergents opèrent depuis de nombreuses années. Ces groupes armés imposent une situation de guerre permanente aux forces armées de la RDC (FARDC) et aux casques bleus de l’ONU, dont la présence sur le sol congolais remonte à plus de 20 ans.